Editorial

La réappropriation ... par Joseph Santana

le FC Borgo vainqueur de la coupe de corse 2010
us corte

Le renouvellement que nous appelions de nos vœux depuis quelques années est enfin arrivé. Avec lui, on sent poindre un autre football corse, fait d'humilité, d'engagement, de partage, avec comme corollaire, la performance.
Si l'année dernière fut celle de la déconvenue pour le Sporting, avec une descente méritée mais salutaire, elle fut, pour l'AC Ajaccio, celle de la stabilisation au niveau de la ligue 2, avec un renforcement des structures dans le domaine de la formation, et la livraison de la nouvelle tribune, si chère à notre regretté ami Michel Moretti. Dans le sillage des oursons, les diables rouges du GFCOA auraient pu parapher la suprématie du football ajaccien, s'ils ne s'étaient vus distancer de deux petits points par l'équipe de Gap, dans le sprint final. En tout cas, il faut rendre hommage à Patrick Leonetti, aujourd'hui parti chez le voisin d'en face, pour le travail réalisé dans la maison rouge et bleue, pour sa volonté affichée d'y faire évoluer le maximum de joueurs insulaires.
À Bastia après les orages, et la catastrophe évitée d'une relégation en CFA, le ciel s'est remis au bleu. Il faut dire que le coup n'est pas passé bien loin… Que cela serve de leçon afin qu'on ne puisse plus revivre les errements du passé...
Encouragé par un public qui a retrouvé le chemin du stade, sous la houlette de nouveaux dirigeants, d'un staff technique et de joueurs qui ont compris qu'à Bastia on ne pouvait pas tricher, le Sporting affiche cette année de belles ambitions, laissant augurer un bel avenir, à court et à moyen terme. De nouvelles ambitions qui ont, semble-t'il, dopé le voisin cabiste, qui se verrait bien prendre la place du grand frère bastiais dans le giron du national.
Si l'on excepte deux ou trois incidents dans le jeu, il semblerait que l'on soit revenu à de meilleures intentions dans le football régional, pour preuve notre baromètre du fair-play, institué il y a maintenant quatre ans. Certains feux rouges sont passés au jaune, d'autres au vert, bien que certains clubs n'hésitent pas à franchir les lignes blanches, en titularisant des joueurs suspendus, ou en laissant encore certains dirigeants ou éducateurs faire la loi le long de la ligne de touche. Un exemple à proscrire, surtout pour les jeunes, et ce d'autant plus, qu'on assiste, dans certaines de ces catégories, à l'émergence d'un fond de violence et d'indiscipline.

Avec une amélioration des infrastructures, et un regard résolument porté vers la formation des jeunes et la transmission des valeurs qui ont fait sa force, le football corse est en train de vivre son riacquistu. E ch'ella duri !…pane biancu e fichi maturi

 

Le mot du président de la ligue :

Un rappel salutaire.... par Marc Riolacci

Etonnant paradoxe en ce début de saison, un de plus. Alors que notre discipline favorite courbe l'échine face aux vents de l'adversité, aux querelles intestines, aux foyers allumés par une campagne africaine calamiteuse, ne voilà-t-il pas que nos quatre porte-drapeaux insulaires bombent le torse et nous offrent, dimanche après dimanche, des raisons de croire et d'espérer…
Le foot amateur, surdimensionné si l'on en croit certains, accuse, il est vrai, une désaffection quantitative qui justifie une prise de conscience et une concertation générale, pour étudier les raisons de ce constat alarmant.
Il est vrai que si nos structures d'accueil sont en progrès constant, la lassitude des bénévoles ne connaît pas de ralentissement. Ajoutez-y le développement de sports plus ou moins cérébraux, concurrents directs, du ballon rond.
La Ligue Corse de Football ne saurait dissimuler les embûches et les difficultés, mais le passage presque totalement réussi à l'ère de l'informatique permettra sans doute de rattraper le temps perdu, et de combler progressivement nos carences ou nos insuffisances.
Cela passe avant tout par une solidarité de tous les instants, une rigueur affirmée et la mise en sourdine des intérêts particuliers.
Aux familles de dépasser les clivages, de faire preuve d'invention et de créativité, pour pallier les obstacles " politiques " et structurels du moment.
Et Santana et son guide du foot connaissent toujours aussi bien la musique…