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De la période romaine, où la vigne est attestée
dans plus de 30 cités littorales, jusqu'aux événements
d'Aleria, qui ont marqué le renouveau d'une conscience
identitaire, la vigne a rythmé l'histoire de notre
île.
La présence de la vigne, la richesse de sa flore, l'autarcie
dans laquelle vivait la plupart de ses villages, autant de
paramètres qui font que la Corse a toujours produit
des eaux-de-vie de toutes natures. Les plantes sauvages ou
cultivées, la rafle du raisin ainsi que les fruits
les plus divers ont ainsi permis de constituer une base qui,
une fois distillée, produira l'alcool, les essences
et les arômes les plus diverses.
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Des
usages multiples
Outre
ses vertus digestives, la première passe, atteignant
70 à 80 % d'alcool, peut être utilisée pour
soigner la colique mais également en friction. A 50 %
d'alcool environ, on peut la boire mais aussi l'utiliser pour
la conservation des fruits, en confiserie, ou en pâtisserie.
La
liqueur de myrte
Liqueur
à base de baies de myrte, cueillies et choisies dans
le maquis corse. Incolore ou mauve foncé, selon qu'elle
soit industrielle ou artisanale, la liqueur de myrte provient
de la baie sauvage. Transformée en liqueur, elle dévoile
des arômes parfumés et fruités avec un arrière-goût
âpre, caractéristique du fruit. En plus des baies,
elle se compose de sucre, d'eau et d'eau-de-vie de vin, son
degré d'alcool variant d'un producteur à l'autre.
Elément incontournable du patrimoine de l'île,
la liqueur de myrte est encore préparée de manière
artisanale dans grand nombre de foyers corses. C'est ainsi que
dans chaque famille comme dans chaque région, chacun
possède sa propre recette. Pour ce qui concerne sa commercialisation,
on notera qu'elle fut vendue à partir de 1920 par la
société Mattei. Depuis, elle est une pièce
maîtresse dans la gamme des différents liquoristes
de notre île.
La
cédratine
Le
cédrat, traditionnellement cultivé dans le Cap
Corse,
le Nebbio et sur la Côte Orientale, a fait et défait
un certain nombre de grosses fortunes (effondrement des cours
en 1908). Aujourd'hui, cette culture d'un gros rapport a quasiment
disparu. Mais on le retrouve malgré tout chez certains
confiseurs et dans l'élaboration de la cédratine.
C'est encore le fabriquant de spiritueux Mattei, créateur
du célèbre Cap Corse, qui lança en 1880,
sous le nom de cédratine, une liqueur de cédrat
aux reflets jaune paille. Celle-ci est fabriquée à
base de cédrat, un agrume voisin par son aspect et sa
texture du citron et du pamplemousse. Son élaboration
fait appel à des techniques utilisant aussi bien la fabrication
du sirop, l'aromatisation, l'alcoolisation que la distillation.
La clef de la réussite d'une bonne cédratine réside
dans le soin et le dosage effectué à chacune de
ces phases.
J. Santana
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De
ces distillations naissent des eaux-de-vie qui permettront d'effectuer
des macérations suivies ou non de distillation, afin
d'obtenir des liqueurs de baies, de fruits et de plantes, telles
que la Bonapartine et sa variante l'Impératrice, une
liqueur à base d'orange ou de mandarine, la Cédratine,
à base de cédrat, la liqueur de myrte, à
base de baies, de fleurs ou de feuilles de l'arbuste, l'Acquavita,
à base d'arbouse, voire de baies d'aubépine, et
enfin le pastis, symbole ici de convivialité, car ici
on ne boit pas un coup, on prend un pastis.
L'acquavita
La tradition veut qu'après un bon repas au restaurant
ou chez des amis, on vous propose après ou avec le café
une Acquavita. Ce digestif, longtemps considéré
comme médicament et vendu par les apothicaires, est souvent
de fabrication artisanale, et se consomme pur ou avec des baies
ou des fruits macérés (arbouses, aubépines...).
D'aspect transparent, et affichant le plus souvent 45° d'alcool,
il provient du marc de raisin, de vin aigri ou de fruits macérés.
Avec les progrès de la distillation, c'est au cours des
XIIème et XIIIème siècles que l'Europe
adopte l'eau-de-vie, que l'on retrouve sous des formes différentes
dans toutes les régions de France. En Corse, on entend
par eau-de-vie le produit de la distillation des grappes, ou
du moût de raisin. C-J. Petit, dans son Guide du Commerce
de l'Epicerie relativement à la France, paru en 1813,
rapporte l'existence de ce négoce sur notre île
à cette époque. L'eau-de-vie de marque, appelée
ici Acquavita, jouira alors d'une belle renommée auprès
des amateurs d'alcool blanc.
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